samedi 6 octobre 2007

Les femmes d'affaires du scrapbiz au Québec - Nathalie Grégoire

Voici enfin la première entrevue d'une série d'entretiens avec les femmes d'affaires du milieu du scrapbooking au Québec. Notre première invitée: Nathalie Grégoire, fondatrice et maître d'oeuvre du 2e Salon National du Scrapbooking qui aura lieu les 12, 13 et 14 octobre à la Place Bonaventure à Montréal.

Comment te sens-tu aujourd’hui, quand on pense que ton salon aura lieu dans une semaine?
Je suis impatiente d’entrer dans la salle d’exposition lors de la journée du montage (11 octobre), de constater l’aboutissement de tous les efforts et la concrétisation des décisions que j’ai prises depuis près de neuf mois. C’est quasi un accouchement mêlant à la fois la nervosité et l’excitation! J’ai hâte de vivre, une deuxième fois, l’atmosphère d’un tel événement, d’ouvrir les portes, le vendredi 12 octobre à 10h, pour accueillir des milliers de visiteurs accros, eux aussi, de mon loisir artistique favori.

À quoi ressemble une journée ordinaire dans l’organisation du salon?
Les journées sont très variées puisque je porte plusieurs chapeaux : organisatrice, réceptionniste, comptable, vendeuse, secrétaire, graphiste, webmestre, recherchiste, agent de marketing, etc., Je débute toujours mes journées en répondant aux questions des visiteurs et des exposants. Au-delà de ce qui précède, interfèrent les discussions d’échange avec les collaborateurs de la Place Bonaventure et les fournisseurs exclusifs du Salon où l’on planifie ensemble les aspects techniques de l’événement. Au gré des mois qui passent, je conçois le logo, le site web, les affiches et les publicités du Salon du Scrapbooking; j’organise les activités et la programmation des trois jours et je sollicite des partenaires pour les réaliser; je communique avec toute l’industrie du Scrapbooking au Québec pour les inviter à participer à cet événement annuel; je m’entends aussi avec les différents médias pour promouvoir de façon efficace la venue de l’exposition; je termine mes semaines par la tournée des blogues, forums de discussion et autres sites Internet en Scrapbooking pour me tenir à l’affût de tous les commentaires et tendances de la clientèle visée par l’événement. C’est un processus continu et quotidien, qui évolue tout au long de cette période préparatoire à l’événement!

Comment l’idée du Salon du Scrapbooking t’est-elle venue? Quand?
J’ai quitté mon emploi en gestion des ressources humaines pour prioriser mon désir de m’occuper de mes enfants à temps plein (1 an et 3 ans). Toutefois, désirant combler toutes les facettes de ma personnalité, m’est venue en tête l’idée de me créer un emploi qui me permettrait réellement de concilier le travail et la famille. J’ai alors découvert, en 2003, un magazine américain sur le scrapbooking et ça été le coup de foudre! Comme j’ai toujours adoré les loisirs créatifs et la photographie, pendant des mois, j’ai dévoré tout ce qui traitait d’albums-souvenirs et je pensais à un moyen de démarrer un projet tout en ayant la possibilité de passer du temps de « quantité » auprès de mes enfants. Quelques idées … Une boutique? … Un magazine francophone?…. Un Salon annuel… Oui!

Quelles on été les embûches sur ta route au départ?
Elles ont été nombreuses! Dès le départ où j’ai commencé à vendre des espaces de location dans la salle, plusieurs exposants potentiels étaient réticents face à mon projet. Pour ne citer qu’un exemple, je me rappelle d’un exposant qui m’avait demandé de le rencontrer à sa boutique. C’est pas compliqué, je me suis faite bombarder négativement pendant 1h30 de temps : « il n’y aura pas 1000 personnes à ton salon, quelle idée ridicule, etc. » (Ce même exposant, malgré tout son négativisme, s’est quand même présenté au salon … et avec une caisse manuelle en plus!…)

Encore aujourd’hui, certaines entreprises n’ont pas encore la vision d’entrepreneur pour contribuer à cet événement qui réunit la majorité de l’industrie au Québec et ce peut être pour moi un aspect plus difficile à accepter. Plusieurs voient cette participation comme un coût alors qu’en fait c’est un investissement à court et à long terme . Persuader des compagnies en loisir créatif de commanditer, de louer de l’espace et de faire de la publicité restent encore, même après le succès de 2006, un défi de taille à relever.

Comment décrirais-tu la première édition du salon qui a eu lieu l’an dernier?
Comme la salle d’exposition avait été louée près d’un an à l’avance pour la première édition, disons que je n’attendais pas autant de visiteurs. Je me souviens, lors de la réunion de production avec la Place Bonaventure, je leur avais demandé leur procédure advenant un débordement de foule. Ils m’avaient rassuré en m’affirmant que dans tout leur historique, ça n’était arrivé qu’une seule fois! Alors pas de soucis! Tout le monde a été pris par surprise et la Direction de Place Bonaventure a réellement été appelée en urgence les 13-14 octobre 2006!… Plus de 3000 personnes attendaient jusqu’à l’extérieur (et des centaines depuis la nuit) pour pouvoir entrer au salon et la billetterie a dû malheureusement fermer ses portes. Évidemment, la salle, les accommodements et la programmation des activités de l’événement n’étaient pas du tout adéquats pour recevoir ce lot de visiteurs. Nous en attendions entre 2000 et 4000 au total alors que nous avons frôlé les 10 000 visiteurs! J’étais à la fois fière de ce succès mais évidemment aussi déçue de ne pas avoir entièrement satisfait toutes les personnes présentes.

Suite à cette expérience, quels changements ont été apportés au fonctionnement?
Dès la première journée d’ouverture de la première édition, j’ai pris mon calepin et inscrit toutes les améliorations que je jugeais opportunes pour l’événement 2007 (calepin dans lequel j’écris même encore aujourd’hui!). Les visiteurs nous ont aussi fait part de leurs commentaires; nous avons compilé 3000 sondages au cours de ce même week-end et les conclusions ont également mené à des changements favorables.

Pour parler techniquement, le Salon du Scrapbooking change de salle d’exposition pour occuper une vaste aire de 60 000 pieds carrés (espace 3 fois plus grand qu’en 2006). Le plafond est très haut (25 pieds), ce qui facilite l’aération de la salle (car l’an passé, il faisait chaud!). Il y a trois allées principales plutôt qu’une et elles ont quinze pieds de largeur. Les kiosques sont aménagés en forme d’îlot pour faciliter la circulation de la foule. Deux aires de repos sont disponibles sur les lieux dont l’une contient un comptoir resto pour les repas sur place. Une halte-maman est aussi installée pour nourrir bébé, pour les changements de couche, etc.. De plus, nous avons ajouté une journée supplémentaire (vendredi 12 octobre, 10h-21h) pour équilibrer le nombre de visiteurs au cours de l’événement.

Quelles nouveautés peux-tu nous dévoiler ici?
  • La visite d’une star internationale, Céline Navarro, qui donnera des ateliers et conférences pour démystifier le « mixed media » et le « freestyle »;
  • Un studio créatif central qui accueillera plus de 200 gagnantes pour des ateliers spéciaux gratuits de deux heures;
  • Un amphitéâtre aménagé par une firme spécialisée en design de scène pour offrir une douzaine de conférences inspirantes projetées sur écran géant;
  • Des kiosques plus grands (et plus de caisses!) pour le magasinage des dernières nouveautés à se procurer;
  • Une galerie d’art pour le concours Ruban Rose où les visiteurs pourront voter pour leur page coup de cœur sur les lieux;
  • Un mega « crop » aménagé sur la mezzanine de l’exposition;
  • Le Salon du Scrapbooking est aussi fier, cette année, de devenir partenaire de la Fondation du cancer du sein du Québec et versera une partie des profits à la cause. En achetant votre billet au Salon, vous y contribuez aussi! Rien n’a été laissé au hasard comme vous le constatez!

De quoi es-tu le plus fière au sujet de l’édition 2007 du salon?
Organiser seule un événement de cette envergure a son lot de défis. Les résultats financiers ne me permettent pas de rémunérer une équipe de collaborateurs pour m’aider à concrétiser annuellement le Salon du Scrapbooking. Les frais sont énormes pour recevoir près de 15 000 – 20 000 visiteurs cette année et pour bénéficier d’une situation maximale à la Place Bonaventure. Je crois avoir relevé le défi de concrétiser la liste de toutes les améliorations que j’avais notées sur papier pour 2007 et je suis convaincue que les visiteurs verront le salon sous un autre œil cette année! Aucun point n’a été laissé au hasard et toutes les modifications ont été réalisées. En tant que passionnée de Scrapooking moi-même, je peux vous assurer que cette deuxième édition est nettement optimisée et digne de l’engouement actuel des adeptes pour cette activité artistique au Québec!

Déjà des projets pour l’an prochain?
Toutes mes énergies sont encore concentrées sur cette deuxième édition, mais chose certaine, je suis encline aux changements et aux nouveautés! Je ne veux pas poursuivre la réalisation de cet événement unique pour faire du copier - coller de l’année précédente à chacune des années! Mon but à atteindre est et restera à chaque année de me dépasser et d’aller toujours plus loin en visant nul autre que la satisfaction de ma clientèle!

Merci beaucoup de ta collaboration, on se revoit au salon!

Cette entrevue vous a donné envie de vous rendre au salon le weekend prochain? Courez la chance de gagner une des 5 paires de billets pour la journée de votre choix en nous envoyant votre participation originale à notre concours de la journée mondiale de confection de cartes! Vous avez jusqu'à lundi le 8 octobre à minuit. La gagnante sera choisie par une pige au hasard parmi les participantes et leurs cartes seront exposées sur notre blog! Envoyez vos photos de cartes au scrapzine@gmail..com Bonne chance!

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